Vendre une filiale : les titres de participation

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Quand une société revend une filiale qu'elle détient depuis plus de deux ans, 88 % de la plus-value échappe à l'impôt. C'est le pendant du régime mère-fille, appliqué non plus aux dividendes mais aux ventes.

L'idée clé
Le régime mère-fille exonère à 95 % les dividendes qui remontent vers la holding. Mais que se passe-t-il le jour où la holding revend la filiale elle-même ? Un autre mécanisme prend le relais.
Plus-value exonérée
88 %
Quote-part imposée
12 %
Condition de détention
plus de 2 ans

Le schéma, en un coup d'œil

La holdingdétient sa filiale depuis plus de 2 ans
revend les titres et réalise une plus-value
88 % exonérésimposition séparée à 0 %
12 % réintégrésquote-part de frais et charges
la quote-part supporte l'IS à 25 %
3 % d'impôt réelle reste peut être réinvesti dans le groupe

Le pendant du régime mère-fille

  • Le régime mère-filleMécanisme qui exonère à 95 % les dividendes qu'une filiale verse à sa société mère, pour éviter une double imposition dans un groupe. règle le sort des dividendesLa part du bénéfice qu'une société verse à ses associés après avoir payé l'IS. Chez le particulier, ils sont soumis à la flat tax de 31,4 %. qu'une filiale fait remonter à sa société mère : 95 % sont exonérés. Mais il ne dit rien du jour où la mère revend la filiale elle-même.
  • C'est l'article 219 du Code général des impôts qui prend le relais. La plus-value réalisée par une société sur des « titres de participationParts d'une autre société qu'une entreprise détient durablement — au moins 5 % des droits de vote — et inscrit comme telles en comptabilité. Revendues après deux ans, leur plus-value est exonérée à 88 %. » fait l'objet d'une imposition séparée, à un taux de 0 %.

Zéro pour cent, sauf une quote-part de 12 %

  • Un taux de 0 % ne veut pas dire « rien à payer ». Une quote-part de frais et chargesLa fraction d'un revenu pourtant exonéré qui reste imposée à l'IS : 5 % sur les dividendes remontés vers une société mère, 12 % sur la plus-value de cession de titres de participation. égale à 12 % du montant brut de la plus-value est réintégrée dans le résultat imposable de la société.
  • Cette quote-part supporte ensuite l'impôt sur les sociétés au taux normal de 25 %. L'impôt réellement dû représente donc 12 % × 25 % = 3 % de la plus-value. Autrement dit, 88 % de l'opération échappe à l'impôt.

Les conditions

  • Les titres doivent être détenus depuis plus de deux ans.
  • Ils doivent avoir la qualité de titres de participation : soit ce caractère sur le plan comptable, soit ouvrir droit au régime mère-fille en représentant au moins 5 % des droits de vote de la société émettrice, et être inscrits en comptabilité au compte « titres de participation ».
  • Les titres de sociétés à prépondérance immobilière sont expressément exclus de ce régime.

Ce que le régime ne fait pas

  • Il n'exonère pas l'argent : il le laisse dans la société. Le produit de la vente peut y être réinvesti presque intact, mais il n'est pas dans ta poche pour autant.
  • Le jour où ces sommes sortent vers une personne physique — en dividendes, ou à la liquidation de la holdingSociété dont le métier est de détenir des parts d'autres sociétés (ses filiales) : elle sert à organiser un groupe, faire remonter les dividendes et préparer une transmission. —, l'imposition personnelle s'applique normalement.

Le texte, mot pour mot

  • L'article 219, I-a quinquies du Code général des impôts prévoit que le montant net des plus-values à long terme afférentes à des titres de participation fait l'objet d'une imposition séparée à un taux de 8 %, taux « fixé à 0 % pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2007 ».
  • Le même texte ajoute : « Une quote-part de frais et charges égale à 12 % du montant brut des plus-values de cession est prise en compte pour la détermination du résultat imposable. »
  • Ce régime est parfois surnommé « niche Copé » dans le débat public, du nom du ministre du Budget sous lequel il a été instauré.

Trois pièges à connaître

  • La quote-part se calcule sur le montant brut des plus-values de cession, et non sur le solde après imputation des moins-values. Le BOFiP l'illustre : pour des plus-values brutes de 100 000 € et 200 000 €, la quote-part à réintégrer est de (100 000 + 200 000) × 12 % = 36 000 €.
  • La qualification comptable compte : les titres doivent être inscrits au compte « titres de participation », ou à une subdivision spéciale d'un compte de titres.
  • Les titres de sociétés à prépondérance immobilière sont écartés du taux de 0 % par l'article 219 lui-même : leur cession suit le régime de droit commun.

Un exemple concret

Une holding revend 1 000 000 € les titres d'une filiale qu'elle détient depuis six ans, et qu'elle avait acquis 200 000 €.

  1. Plus-value réalisée1 000 000 − 200 000 = 800 000 €
  2. Imposition séparée0 % sur la plus-value elle-même
  3. Quote-part de frais et charges (12 %)800 000 × 12 % = 96 000 € réintégrés au résultat
  4. Impôt sur les sociétés (25 %)96 000 × 25 % = 24 000 €
Impôt payé par la holding
24 000 €
Rapporté à la plus-value
3 %

Si la même plus-value avait été réalisée par une personne physique détenant les titres en direct, elle aurait supporté la flat tax de 31,4 %, soit 251 200 €. L'écart ne disparaît pas : il reste dans la holding, et sera imposé le jour où l'argent en sortira.

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