Qu'est-ce qu'une holding ?

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Une société dont le métier est de détenir d'autres sociétés. Un outil puissant pour organiser un groupe, faire circuler les dividendes et préparer une transmission.

L'idée clé
Une holding ne produit rien elle-même : elle possède des parts d'autres sociétés. C'est la « société mère » au sommet, qui chapeaute ses « filiales ».
Rôle
détenir d'autres sociétés
Dividendes remontés
95 % exonérés
Deux profils
passive ou animatrice

Le schéma, en un coup d'œil

Toi et tes associéspersonnes physiques
détiennent la holding
La holdingsociété mère, à l’IS
dividendes remontés · 95 % exonérés
Filiale Aactivité opérationnelle
Filiale Bautre activité, immobilier…

Une société au-dessus des autres

  • Une holdingSociété dont le métier est de détenir des parts d'autres sociétés (ses filiales) : elle sert à organiser un groupe, faire remonter les dividendes et préparer une transmission. est une société qui détient des participations dans d'autres sociétés (ses filiales). Elle se place au sommet de l'organigramme.
  • On la crée pour organiser un groupe, regrouper le pouvoir de décision, mutualiser des moyens, ou préparer une transmission d'entreprise.

Son intérêt fiscal : faire circuler les dividendes

  • Sans holding, les dividendesLa part du bénéfice qu'une société verse à ses associés après avoir payé l'IS. Chez le particulier, ils sont soumis à la flat tax de 31,4 %. que tu sors d'une société sont taxés chez toi à la flat taxPrélèvement forfaitaire unique sur les placements : 12,8 % d'impôt + prélèvements sociaux. Ces derniers sont à 18,6 % depuis 2026 (soit 31,4 % au total), sauf pour l'assurance-vie, le PEL et le CEL, restés à 17,2 % (soit 30 %).. Avec une holding à l'ISL'impôt payé par la société elle-même sur son bénéfice : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %. À distinguer de l'IR, où le bénéfice est imposé chez le dirigeant., les dividendes que la filiale fait remonter à la mère sont exonérés à 95 % grâce au régime mère-filleMécanisme qui exonère à 95 % les dividendes qu'une filiale verse à sa société mère, pour éviter une double imposition dans un groupe. : seuls 5 % restent imposés.
  • L'argent peut alors être réinvesti dans une autre filiale sans être lourdement taxé au passage. C'est le cœur de son utilité.

Passive ou animatrice ?

  • Une holding passive se contente de détenir des titres et d'encaisser des dividendes.
  • Une holding animatriceHolding qui participe activement à la conduite de ses filiales (stratégie, services rendus), par opposition à la holding passive qui se contente d'encaisser des dividendes. La distinction conditionne plusieurs avantages fiscaux. participe activement à la conduite de ses filiales (stratégie, services). Cette distinction est déterminante pour certains avantages fiscaux, comme le pacte DutreilUn dispositif qui exonère 75 % de la valeur d'une entreprise familiale transmise, en échange d'un engagement de conservation. à la transmission.

Le taux réduit d'IS à 15 % : le piège du groupe

  • Une société à l'IS paie 15 % sur ses 42 500 premiers euros de bénéfice, puis 25 %. Pour y avoir droit, elle doit avoir un chiffre d'affaires d'au plus 10 M€, un capital entièrement libéré, et 75 % de ce capital détenu par des personnes physiques sans interruption pendant tout l'exercice.
  • Une holding peut en bénéficier : les dividendes qu'elle encaisse ne comptent pas dans son chiffre d'affaires quand elle se contente de gérer son patrimoine. Prise isolément, une holding passive reste donc facilement sous le seuil des 10 M€.
  • ⚠️ Mais depuis une décision du Conseil d'État du 13 mars 2025, désormais appliquée par l'administration, le chiffre d'affaires s'apprécie sur l'ensemble du groupe, qu'il soit fiscalement intégré ou non. Une filiale qui réalise 2 M€ de chiffre d'affaires dans un groupe qui en réalise 15 M€ n'a plus droit au taux réduit.
  • L'effet remonte en cascade : si la holding échoue à cette condition, sa participation cesse de compter dans les 75 %, et la filiale opérationnelle perd elle aussi le taux réduit.
  • Deux autres limites à connaître : une seule holding intermédiaire est admise (une holding au-dessus d'une holding fait tout perdre), et une SCISociété civile immobilière : détenir un bien à plusieurs ; par défaut, les associés sont imposés au prorata de leurs parts. à l'impôt sur le revenu ou une société de personnes n'est pas assimilée à une personne physique.
  • L'enjeu reste borné : l'écart entre les deux taux plafonne à 4 250 € d'impôt par an. Le commentaire officiel de cette décision n'est pas encore publié au BOFiP, donc la méthode exacte de calcul du chiffre d'affaires du groupe reste à préciser : pour un montage en groupe, fais-toi accompagner.

⚠️ Un outil de spécialiste

  • La holding est puissante mais complexe : elle multiplie les obligations comptables et n'a d'intérêt qu'au-delà d'une certaine taille ou dans une logique de groupe.
  • Mal montée, elle coûte plus qu'elle ne rapporte. C'est typiquement un projet à construire avec un avocat fiscaliste ou un expert-comptable, jamais seul.

Les conditions du régime mère-fille

  • Les articles 145 et 216 du Code général des impôts exigent une détention d'au moins 5 % du capital de la filiale et un engagement de conservation des titres pendant deux ans.
  • L'exonération porte sur 95 % des dividendes remontés : une quote-part de frais et chargesLa fraction d'un revenu pourtant exonéré qui reste imposée à l'IS : 5 % sur les dividendes remontés vers une société mère, 12 % sur la plus-value de cession de titres de participation. de 5 % reste imposable à l'impôt sur les sociétés.
  • Cette quote-part est ramenée à 1 % lorsque la mère et la fille appartiennent au même groupe fiscalement intégré.

Le taux réduit apprécié au niveau du groupe

  • Depuis la décision du Conseil d'État du 13 mars 2025 (n° 481538), le chiffre d'affaires conditionnant le taux réduit de 15 % s'apprécie sur l'ensemble du groupe, qu'il soit fiscalement intégré ou non.
  • Une filiale modeste dans un groupe important perd donc le bénéfice du taux réduit, alors qu'elle y aurait eu droit isolément.
  • L'enjeu est borné : l'écart entre les deux taux plafonne à 4 250 € d'impôt par exercice. Le BOFiP BOI-IS-LIQ-20-10 commente la liquidation de l'impôt.

Un exemple concret

Une filiale fait remonter 100 000 € de dividendes. Selon qu'ils passent par une holding ou non :

  1. Avec une holding, au régime mère-fille95 % exonérés ; seule une quote-part de 5 % reste imposable, soit 5 000 €
  2. Impôt de la holding5 000 × 25 % = 1 250 €
  3. Sans holding, versés directement à la personne100 000 × 31,4 % de flat tax = 31 400 €
Reste dans la holding
98 750 €
Reste dans ta poche sans holding
68 600 €

Attention au contresens : les 98 750 € ne sont pas dans ta poche, ils sont dans la holding. Le régime mère-fille sert à réinvestir sans frottement fiscal, pas à consommer. Le jour où tu sors l'argent de la holding pour toi, la flat tax s'applique. Le régime suppose de détenir au moins 5 % du capital de la filiale et de conserver les titres deux ans.

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Contenu pédagogique et non contractuel : il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une information précontractuelle. Les règles fiscales évoluent à chaque loi de finances.