EURL ou SASU : entreprendre seul

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Les deux façons de créer une société à toi tout seul. Le vrai arbitrage n'est pas l'impôt, mais ton statut social, et donc ta protection et tes cotisations.

L'idée clé
EURL et SASU protègent ton patrimoine de la même façon. Ce qui les sépare : en EURL tu es TNS (tu cotises peu), en SASU tu es assimilé salarié (mieux couvert, mais plus cher).
EURL : dirigeant
TNS
SASU : dirigeant
Assimilé salarié
Impôt par défaut
EURL : IR · SASU : IS

Le détail chiffré

CritèreEURLSASU
DirigeantGérantPrésident
Statut socialTNSAssimilé salarié
Niveau de cotisationsPlus faiblePlus élevé
Impôt par défautIR (option IS possible)IS (option IR temporaire)
Dividendes cotisés > 10 %OuiNon
Souplesse des statutsCadre légalTrès libre

Deux fois la même promesse : entreprendre seul, protégé

  • L'EURLEntreprise unipersonnelle à responsabilité limitée : une SARL à associé unique, à l'IR par défaut, dont le gérant est travailleur non salarié. est une SARLSociété à responsabilité limitée : forme encadrée par la loi, à l'IS, dont le gérant majoritaire est travailleur non salarié. à associé unique ; la SASUSociété par actions simplifiée unipersonnelle : une SAS à associé unique, à l'IS, dont le président est assimilé salarié., une SASSociété par actions simplifiée : grande liberté statutaire, à l'IS, dont le président est assimilé salarié (mieux couvert, mais cotisations plus élevées). à associé unique. Dans les deux cas, tu es seul maître à bord et ta responsabilité est limitée à tes apports.
  • Toutes deux peuvent accueillir plus tard d'autres associés : l'EURL devient une SARL, la SASU une SAS, sans transformation lourde.

La vraie différence : ton statut social

  • En EURL, le gérant associé unique est travailleur non salarié : cotisations plus légères (environ 45 % du net), mais retraite et prévoyance plus faibles.
  • En SASU, le président est assimilé salarié : cotisations nettement plus élevées (environ 80 %), en échange d'une bien meilleure couverture, sans droit au chômage dans les deux cas.

L'impôt par défaut n'est pas le même

  • L'EURL est à l'IRL'impôt calculé sur l'ensemble de tes revenus annuels, par tranches progressives. Il est prélevé à la source depuis 2019. par défaut (le bénéfice remonte chez toi) ; la SASU est à l'ISL'impôt payé par la société elle-même sur son bénéfice : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %. À distinguer de l'IR, où le bénéfice est imposé chez le dirigeant. par défaut. Chacune peut basculer dans l'autre régime, mais souvent de façon encadrée.
  • Et pour qui se verse des dividendesLa part du bénéfice qu'une société verse à ses associés après avoir payé l'IS. Chez le particulier, ils sont soumis à la flat tax de 31,4 %. : en EURL ils sont cotisés au-delà de 10 % du capital ; en SASU non. Un point décisif pour un dirigeant qui compte se rémunérer ainsi.

Comment choisir

  • Revenus modestes, envie de limiter les charges : l'EURL est souvent plus économique.
  • Besoin d'une vraie protection sociale, ou rémunération surtout en dividendes : la SASU est généralement plus adaptée.
  • C'est le même arbitrage que SARL / SAS, à l'échelle d'une seule personne. Fais-le valider par un expert-comptable.

Les deux textes, et ce qu'ils changent

  • L'EURL relève de l'article L. 223-1 du Code de commerce, la SASU de l'article L. 227-1. La première applique un cadre légal supplétif, la seconde renvoie aux statuts.
  • Fiscalement, l'EURL à associé unique personne physique est transparente par défaut ; la SASU relève de l'impôt sur les sociétés.
  • Socialement, le gérant associé unique d'EURL est travailleur non salarié, le président de SASU est assimilé salarié. Ce seul point commande l'essentiel de l'écart de coût et de couverture.

Le point qui décide souvent seul

  • En EURL, la part de dividendes dépassant 10 % du capital, des primes d'émission et du compte courant est soumise aux cotisations sociales.
  • En SASU, cette règle n'existe pas : les dividendes restent au prélèvement forfaitaire unique quel que soit leur montant.
  • Pour un dirigeant qui compte se rémunérer surtout en dividendes, cet écart pèse plus lourd que toutes les autres différences réunies.

Un exemple concret

Un dirigeant se verse 30 000 € de dividendes. Sa société a un capital de 10 000 € :

  1. Le seuil des 10 %10 % de 10 000 € de capital = 1 000 €
  2. En EURL (gérant travailleur non salarié)1 000 € restent à la flat tax ; les 29 000 € au-dessus du seuil basculent dans l'assiette des cotisations sociales
  3. En SASU (président assimilé salarié)les 30 000 € restent entièrement à la flat tax : 30 000 × 31,4 % = 9 420 €
Part échappant au seuil en EURL
1 000 €
Dividendes à la flat tax en SASU
30 000 €

Plus le capital est faible, plus le seuil est bas, et plus la part de dividendes soumise aux cotisations est grande. C'est le mécanisme qui fait basculer beaucoup de dirigeants vers la SASU quand ils comptent se rémunérer surtout en dividendes. Le montant exact des cotisations dues sur les 29 000 € dépend du barème applicable à la situation : il n'est pas chiffré ici.

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