Le statut du dirigeant : TNS ou assimilé salarié

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Le choix qui pèse le plus lourd sur ce que tu paies chaque mois, et sur ce que tu toucheras plus tard. Un écart de cotisations du simple au double.

L'idée clé
Pour 100 € nets dans ta poche, un dirigeant TNS coûte environ 145 € à l'entreprise ; un assimilé salarié, environ 180 €. Mais le second est bien mieux couvert.
TNS : cotisations (ordre de grandeur)
45 %
Assimilé salarié : cotisations
80 %

Les taux comparés

TNS : cotisations (ordre de grandeur)
45 %
Assimilé salarié : cotisations
80 %

Qui est quoi ?

  • Sont travailleurs non salariés (TNSStatut social du gérant majoritaire de SARL et de l'entrepreneur individuel : cotisations plus faibles, mais protection sociale plus légère qu'un assimilé salarié.) : le gérant majoritaire de SARLSociété à responsabilité limitée : forme encadrée par la loi, à l'IS, dont le gérant majoritaire est travailleur non salarié., l'associé unique d'EURLEntreprise unipersonnelle à responsabilité limitée : une SARL à associé unique, à l'IR par défaut, dont le gérant est travailleur non salarié. qui gère, et l'entrepreneur individuel.
  • Sont assimilés salariés : le président de SASSociété par actions simplifiée : grande liberté statutaire, à l'IS, dont le président est assimilé salarié (mieux couvert, mais cotisations plus élevées). ou de SASUSociété par actions simplifiée unipersonnelle : une SAS à associé unique, à l'IS, dont le président est assimilé salarié., et le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL. Ils relèvent du régime général, sans être pour autant de vrais salariés.

L'écart de coût est considérable

  • Les cotisations d'un TNS représentent environ 45 % de sa rémunération nette ; celles d'un assimilé salarié, environ 80 %. Ce sont des ordres de grandeur : le taux réel varie selon le niveau de rémunération et les régimes concernés.
  • Sur une rémunération confortable, l'écart annuel peut atteindre plusieurs milliers d'euros.

Ce qui a changé en 2026 pour les travailleurs non salariés

  • Depuis avril 2026, les cotisations d'un travailleur non salarié ne se calculent plus sur son revenu après déduction des cotisations, mais sur son revenu avant cotisations, diminué forfaitairement de 26 %.
  • Les taux ont été ajustés en conséquence : la cotisation maladie plafonne désormais à 8,5 % au lieu de 6,70 %, et la retraite complémentaire passe de 7 % à 8,1 % sous le plafond de la Sécurité sociale.
  • L'objectif affiché est de laisser le total des prélèvements inchangé, en déplaçant une partie de la CSG vers la cotisation retraite, qui, elle, ouvre des droits.

Mais on n'achète pas la même chose

  • Le TNS cotise moins et accumule donc moins de droits : retraite plus faible, indemnités journalières plus limitées, prévoyance à compléter soi-même.
  • L'assimilé salarié bénéficie d'une couverture proche de celle d'un cadre : meilleure retraite, meilleure prévoyance. Attention toutefois : aucun des deux n'ouvre droit à l'assurance chômage.

Ce que ça change sur les dividendes

  • Le TNS subit la règle des 10 % : la part de dividendesLa part du bénéfice qu'une société verse à ses associés après avoir payé l'IS. Chez le particulier, ils sont soumis à la flat tax de 31,4 %. qui dépasse 10 % du capital, des primes d'émission et du compte courant est soumise aux cotisations sociales.
  • L'assimilé salarié n'est pas concerné : ses dividendes restent à la flat taxPrélèvement forfaitaire unique sur les placements : 12,8 % d'impôt + prélèvements sociaux. Ces derniers sont à 18,6 % depuis 2026 (soit 31,4 % au total), sauf pour l'assurance-vie, le PEL et le CEL, restés à 17,2 % (soit 30 %).. C'est souvent l'argument décisif pour ceux qui comptent se rémunérer surtout en dividendes.

Comment choisir

  • Tu démarres, tes revenus sont modestes et tu veux limiter les charges : le statut TNS allège nettement la facture.
  • Tu veux une vraie protection sociale, ou tu prévois de te verser surtout des dividendes : l'assimilé salarié est souvent plus pertinent, malgré son coût.
  • Ce choix découle de ta forme juridique. Le décider revient donc à choisir entre SARL et SAS.

Le détail du barème d'un travailleur non salarié

  • L'assiette est le revenu avant cotisations, diminué forfaitairement de 26 %. Cet abattementLa part que tu peux transmettre ou gagner sans être imposé. Se recharge souvent tous les 15 ans. remplace l'ancienne déduction des cotisations elles-mêmes.
  • Sur cette assiette : retraite de base 17,87 % sous le plafond annuel de la Sécurité sociale, retraite complémentaire 8,1 % sous ce plafond puis 9,1 % entre un et quatre plafonds, invalidité-décès 1,3 %, CSG-CRDS 9,7 %.
  • La cotisation maladie et les allocations familiales suivent un taux progressif qui dépend du niveau de revenu : la maladie plafonne à 8,5 %, les allocations familiales à 3,1 % au-delà de 140 % du plafond.
  • Le plafond annuel de la Sécurité sociale s'établit à 48 060 € en 2026.

Ce que ce calcul n'inclut pas

  • Le taux d'accident du travail, qui est notifié entreprise par entreprise par la Carsat et varie selon l'activité et la sinistralité.
  • Pour un assimilé salarié, les contributions d'équilibre général et technique de l'Agirc-Arrco, qui s'ajoutent aux 7,87 % de retraite complémentaire de la première tranche.
  • Les cotisations facultatives, contrats Madelin ou plan d'épargne retraite, qui relèvent d'un choix individuel.
  • Aucun des deux statuts n'ouvre droit à l'assurance chômage : ni le gérant majoritaire, ni le président de SAS.

Un exemple concret

Une société dépense 60 000 € par an pour rémunérer son dirigeant. Ce qui arrive dans sa poche dépend de son statut :

  1. Gérant majoritaire de SARL ou d'EURLtravailleur non salarié : 19 622 € de cotisations
  2. Président de SAS ou de SASUassimilé salarié : 42 648 € de brut, et 26 568 € de cotisations en tout
  3. Rapporté à ce qui reste49 % du net pour le travailleur non salarié, 79 % pour l'assimilé salarié
Net du gérant majoritaire, avant impôt
40 378 €
Net du président de SAS, avant impôt
33 433 €

Près de 7 000 € d'écart pour une dépense identique de la société. Mais l'assimilé salarié n'achète pas du vide avec ce qu'il verse en plus : meilleure retraite, meilleure prévoyance, indemnités journalières plus larges. Aucun des deux n'ouvre droit au chômage. Chiffres obtenus avec le simulateur officiel de l'Urssaf, pour une société commerciale hors début d'activité ; le taux d'accident du travail, notifié entreprise par entreprise, les fait varier à la marge.

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