SARL ou SAS : le comparatif

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Même impôt, mais pas le même statut social ni la même souplesse. La vraie différence ne se joue pas sur la fiscalité, mais sur le dirigeant.

L'idée clé
SARL et SAS sont toutes deux à l'IS : côté impôt, elles se ressemblent beaucoup. C'est le statut du dirigeant et la liberté des statuts qui les séparent vraiment.
Dirigeant de SARL
TNS
Dirigeant de SAS
Assimilé salarié
Régime fiscal
IS pour les deux

Le détail chiffré

CritèreSARLSAS
DirigeantGérantPrésident
Statut social du dirigeantTNS si majoritaireAssimilé salarié
Niveau de cotisationsPlus faiblePlus élevé
Protection socialePlus légèreMeilleure (sauf chômage)
Dividendes cotisés au-delà de 10 %OuiNon
Liberté des statutsCadre légal strictTrès grande liberté
Titres cédésParts socialesActions
Droits sur la cession3 % après abattement0,1 %

Côté impôt, elles se ressemblent

  • SARLSociété à responsabilité limitée : forme encadrée par la loi, à l'IS, dont le gérant majoritaire est travailleur non salarié. et SASSociété par actions simplifiée : grande liberté statutaire, à l'IS, dont le président est assimilé salarié (mieux couvert, mais cotisations plus élevées). relèvent toutes les deux de l'impôt sur les sociétés par défaut, avec les mêmes taux : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %.
  • Attention, le taux de 15 % n'est pas automatique : il suppose un chiffre d'affaires d'au plus 10 M€, un capital entièrement libéré et détenu à 75 % par des personnes physiques. Si une condition manque, tout est taxé à 25 %.
  • Toutes deux peuvent, sous conditions et de façon temporaire, opter pour l'impôt sur le revenu. La fiscalité n'est donc pas le bon critère pour choisir entre les deux.

La vraie différence : le statut du dirigeant

  • Le gérant majoritaire de SARL est travailleur non salarié (TNSStatut social du gérant majoritaire de SARL et de l'entrepreneur individuel : cotisations plus faibles, mais protection sociale plus légère qu'un assimilé salarié.) : il cotise moins, mais il est moins bien couvert.
  • Le président de SAS est assimilé salarié : il cotise nettement plus, mais bénéficie d'une protection sociale proche de celle d'un cadre, sans droit au chômage pour autant.

Les dividendes : avantage à la SAS

  • En SARL, les dividendesLa part du bénéfice qu'une société verse à ses associés après avoir payé l'IS. Chez le particulier, ils sont soumis à la flat tax de 31,4 %. du gérant majoritaire sont soumis aux cotisations sociales au-delà de 10 % du capital, des primes d'émission et du compte courant.
  • En SAS, cette règle n'existe pas : les dividendes du président restent à la flat taxPrélèvement forfaitaire unique sur les placements : 12,8 % d'impôt + prélèvements sociaux. Ces derniers sont à 18,6 % depuis 2026 (soit 31,4 % au total), sauf pour l'assurance-vie, le PEL et le CEL, restés à 17,2 % (soit 30 %).. Pour un dirigeant qui privilégie les dividendes, l'écart est significatif.

La souplesse : avantage à la SAS, mais elle se paie

  • En SAS, presque tout se décide dans les statuts : organes de direction, droits de vote, conditions d'entrée et de sortie des associés. Idéal pour lever des fonds ou organiser une gouvernance sur mesure.
  • En SARL, le cadre est fixé par la loi. C'est moins souple, mais aussi plus protecteur et moins coûteux à rédiger. Un cadre tout tracé quand on démarre à deux ou en famille.

Et quand on revend ?

  • Céder des actions de SAS est simple et peu taxé : 0,1 % de droits d'enregistrement.
  • Céder des parts de SARL suppose en principe l'agrément des autres associés, et les droits s'élèvent à 3 % après un abattementLa part que tu peux transmettre ou gagner sans être imposé. Se recharge souvent tous les 15 ans.. La SARL protège davantage l'équipe en place ; la SAS facilite les mouvements.

Les droits d'enregistrement, dans le détail

  • L'article 726 du Code général des impôts distingue deux régimes. Les cessions de parts sociales de SARL supportent 3 %, après un abattement de 23 000 € rapporté au pourcentage de parts cédées.
  • Les cessions d'actions de SAS supportent 0,1 %, sans abattement mais sans plafond non plus.
  • L'écart se creuse avec le prix : sur une cession importante, il se compte en dizaines de milliers d'euros, et il pèse sur l'acheteur, pas sur le vendeur.

L'agrément des associés

  • En SARL, la cession de parts à un tiers suppose l'agrément de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales. Le Code de commerce l'impose, les statuts ne peuvent qu'en durcir les conditions.
  • En SAS, il n'existe aucune règle légale d'agrément : tout se décide dans les statuts, qui peuvent aussi bien tout verrouiller que tout libérer.
  • C'est le vrai arbitrage entre les deux formes : la SARL protège l'équipe en place par la loi, la SAS laisse cette protection à la rédaction des statuts.

Un exemple concret

Une société dégage 60 000 € de bénéfice. Son impôt dépend d'une condition que beaucoup ignorent :

  1. Capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques42 500 × 15 % + 17 500 × 25 % = 10 750 €
  2. Une société entre au capital et la condition tombe60 000 × 25 % = 15 000 €
Impôt avec le taux réduit
10 750 €
Impôt sans le taux réduit
15 000 €

4 250 € d'écart pour une condition de détention du capital, à chiffre d'affaires et bénéfice identiques. Le taux réduit suppose aussi un chiffre d'affaires d'au plus 10 millions d'euros et un capital entièrement libéré. Cette règle vaut pour la SARL comme pour la SAS : ce n'est pas la forme qui décide, c'est qui détient le capital.

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Contenu pédagogique et non contractuel : il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une information précontractuelle. Les règles fiscales évoluent à chaque loi de finances.