Meublé de tourisme et chambre chez soi

5 min de lecture6 min de lectureModifié 2026

Louer une pièce de ton propre logement peut être totalement exonéré d'impôt. Louer un logement à une clientèle de passage, non : c'est du micro-BIC, avec un abattement nettement réduit depuis 2025.

L'idée clé
Derrière « je loue en courte durée » se cachent deux situations très différentes. Louer une chambre chez toi peut ne rien coûter en impôt ; louer un logement à des vacanciers, si, et les règles se sont durcies.
Chambre chez l'habitant
souvent exonérée
Meublé de tourisme non classé
30 % jusqu'à 15 000 €
Meublé de tourisme classé
50 % jusqu'à 77 700 €

Le raisonnement, étape par étape

  1. Loues-tu une pièce de ta résidence principale à quelqu’un qui y habite ?
    OuiExonéré si le loyer reste raisonnable : 213 €/m²/an en Île-de-France, 157 € ailleurs.
    NonContinue.
  2. Loues-tu à des personnes de passage pour moins de 760 € par an ?
    OuiExonéré : rien à déclarer.
    NonContinue.
  3. Ton meublé de tourisme est-il classé ?
    OuiMicro-BIC : abattement de 50 %, jusqu’à 77 700 € de recettes.
    NonMicro-BIC : abattement de 30 % seulement, jusqu’à 15 000 €.

Deux situations à ne pas confondre

  • Louer une ou plusieurs pièces de ta propre résidence principale à quelqu'un qui y habite : c'est le cas le plus favorable, souvent exonéré.
  • Louer un logement (ou une partie) à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile : c'est un meublé de tourismeLogement meublé loué à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile : l'abattement micro-BIC y est réduit à 30 % (non classé) ou 50 % (classé)., imposé en BIC.

Louer une chambre chez toi : souvent exonéré

  • Si tu loues une pièce de ta résidence principale à une personne qui en fait SA résidence principale, les loyers sont exonérés d'impôt, à condition que le loyer reste « raisonnable » : au plus 213 € par m² et par an en Île-de-France, 157 € ailleurs (hors charges, revenus 2025).
  • Concrètement, une chambre de 15 m² à Paris peut être louée jusqu'à environ 3 195 € par an (soit ~266 € par mois) en restant exonérée. Cette exonération est prévue jusqu'au 31 décembre 2026 (art. 35 bis du CGI).

Les personnes de passage : exonéré jusqu'à 760 €

  • Si tu loues des pièces de ton habitation principale à des personnes de passage (chambres d'hôtes occasionnelles), les recettes sont exonérées tant qu'elles ne dépassent pas 760 € TTC par an.
  • Attention : ce seuil n'est pas un abattementLa part que tu peux transmettre ou gagner sans être imposé. Se recharge souvent tous les 15 ans.. Dès que tu le dépasses, la totalité des recettes devient imposable.

Meublé de tourisme : tout dépend du classement

  • Non classé : régime micro-BICLe régime simplifié des bénéfices industriels et commerciaux : un abattement forfaitaire remplace la déduction des charges réelles — 50 % pour une prestation de services classique, jusqu'à 77 700 € de recettes. avec un abattement de 30 % seulement, et jusqu'à 15 000 € de recettes par an.
  • Classé (ou chambres d'hôtes) : abattement de 50 %, jusqu'à 77 700 €. Faire classer son meublé change donc beaucoup de choses. C'est une démarche volontaire, auprès d'un organisme accrédité.

En pratique

  • Ces revenus se déclarent en BIC, sur la déclaration complémentaire n° 2042 C-PRO. Les plateformes de location transmettent tes recettes à l'administration : elles sont souvent déjà préremplies. L'administration les connaît, pense à bien les vérifier.
  • Au-delà de 23 000 € de recettes, tu changes de catégorie (statut professionnel, cotisations sociales) : voir la fiche sur la location meublée. Et beaucoup de communes ajoutent leurs propres obligations. Numéro d'enregistrement, taxe de séjour.

Un seuil en tout ou rien

  • L'exonération de l'article 35 bis du Code général des impôts pour les locations à des personnes de passage fonctionne par seuil, jamais par abattement.
  • Sous le plafond, la totalité des recettes est exonérée. Un euro au-dessus, la totalité devient imposable : il n'y a pas d'imposition de la seule fraction excédentaire.
  • L'autre branche du même article, la location d'une pièce de sa résidence principale à un occupant qui en fait sa résidence principale, suppose un loyer resté dans des limites administratives publiées chaque année.

Un exemple concret

Camille loue une chambre de 15 m² dans son appartement parisien à une étudiante qui y a sa résidence principale.

  1. Loyer demandé250 € par mois, soit 3 000 € par an
  2. Plafond « loyer raisonnable » (Île-de-France)15 m² × 213 € = 3 195 € par an
  3. 3 000 € ≤ 3 195 €le loyer reste dans les clous
Loyers perçus
3 000 €
Impôt sur ces loyers
0 €

Si Camille demandait 300 € par mois (3 600 € par an), elle dépasserait le plafond : la totalité des loyers deviendrait imposable en BIC. L'exonération est prévue jusqu'au 31 décembre 2026.

Voir tous les cas concrets du site →

Fiches liées

Cette fiche t'a aidé ?

Contenu pédagogique et non contractuel : il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une information précontractuelle. Les règles fiscales évoluent à chaque loi de finances.