Travailleurs indépendants (micro & réel)
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Quand on travaille à son compte, le régime « micro » applique un abattement forfaitaire ; le « réel » déduit les vraies charges.
L'idée clé
Sous les seuils du micro, un abattement forfaitaire fait le travail à ta place. L'auto-entrepreneur peut même payer son impôt au fil de l'eau, à taux fixe.
Micro-BNC (libéral)
abattement 34 %
Micro-BIC (services)
abattement 50 %
Le détail chiffré
| Activité | Plafond de recettes | Abattement micro |
|---|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement | 188 700 € | 71 % |
| Prestations de services (BIC) | 77 700 € | 50 % |
| Professions libérales (BNC) | 77 700 € | 34 % |
Micro ou réel
- Au régime micro, tu déclares ton chiffre d'affaires et l'administration applique un abattementLa part que tu peux transmettre ou gagner sans être imposé. Se recharge souvent tous les 15 ans. forfaitaire censé couvrir tes charges, rien à justifier.
- Au régime réel, tu déduis tes charges réelles : intéressant si elles dépassent l'abattement.
Les seuils et abattements du micro (revenus 2025)
- Ventes de marchandises et hébergement : jusqu'à 188 700 € de recettes, abattement de 71 %.
- Prestations de services (catégorie BIC, les bénéfices industriels et commerciaux) : jusqu'à 77 700 €, abattement de 50 %.
- Activités libérales (catégorie BNC, les bénéfices non commerciaux) : jusqu'à 77 700 €, abattement de 34 %.
- Ces seuils sont relevés à 203 100 € et 83 600 € pour les revenus 2026.
Que se passe-t-il si tu dépasses
- Un dépassement isolé ne te fait pas sortir du régime : il faut avoir dépassé le seuil deux années civiles consécutives.
- Si c'est le cas, tu quittes le micro au 1er janvier de l'année qui suit cette deuxième année. Tu passes alors au réel, avec une comptabilité complète et la déduction de tes charges réelles à la place de l'abattement.
- La TVATaxe sur la valeur ajoutée : tu la collectes sur tes ventes, tu déduis celle de tes achats, et tu reverses la différence. L'entreprise la collecte, le consommateur final la supporte. ne suit pas ce rythme : ses propres plafonds peuvent te rendre redevable en cours d'année alors que tu restes en micro pour l'impôt. Les deux régimes sont indépendants.
L'option de l'auto-entrepreneur : le versement libératoire
- Sous condition de revenu, l'auto-entrepreneur peut payer son impôt sur le revenu au fil de ses déclarations de chiffre d'affaires, à taux fixe : 1 % (ventes), 1,7 % (services) ou 2,2 % (libéral).
- Condition : le revenu fiscal de référence du foyer, deux ans plus tôt, doit rester sous un plafond par part. Il est de 29 315 € pour l'option applicable en 2026, et de 29 579 € pour celle de 2027.
- L'option se demande à l'Urssaf au plus tard le 30 septembre de l'année précédente, et se dénonce dans les mêmes délais.
Le versement libératoire, et sa condition d'entrée
- L'option pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu suppose que le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année reste sous un seuil, apprécié par part de quotient familialOn divise le revenu par le nombre de parts du foyer avant d'appliquer le barème..
- Elle remplace l'imposition au barème par un prélèvement proportionnel au chiffre d'affaires, aux taux de 1 %, 1,7 % ou 2,2 % selon la nature de l'activité.
- Elle n'a d'intérêt que si l'on aurait effectivement payé de l'impôt : un foyer non imposable qui l'exerce paie un impôt qu'il ne devait pas.
- L'administration publie elle-même un cas où l'option fait perdre de l'argent : un couple avec un enfant, deux salaires modestes et 11 000 € de ventes, ne doit aucun impôt sur le revenu, mais paie tout de même 110 € de versement libératoire. Le versement est assis sur le chiffre d'affaires brut, jamais sur le revenu net d'abattement.
- Opter ne dispense pas de déclarer : le chiffre d'affaires figure toujours sur la déclaration de revenus, entre dans le revenu fiscal de référence, et sert à calculer le taux appliqué aux autres revenus du foyer.
Comment s'apprécient les seuils du micro
- Les articles 50-0 et 102 ter du Code général des impôts retiennent le chiffre d'affaires encaissé au cours de l'année civile, et non les factures émises.
- La première année d'activité, les seuils sont proratisés au nombre de jours d'exercice, ce qui abaisse mécaniquement le plafond d'un début d'activité en cours d'année.
- Le régime micro et la franchise en baseDispense de TVA en dessous d'un certain chiffre d'affaires : tu ne la factures pas, mais tu ne la récupères pas non plus sur tes achats. de TVA relèvent de seuils distincts : on peut rester en micro tout en devenant redevable de la TVA.
Un exemple concret
Chloé est graphiste indépendante, en libéral (donc en BNC). Elle facture 40 000 € dans l'année et supporte 6 000 € de charges réelles.
- Au micro-BNC : abattement de 34 %40 000 − 13 600 = 26 400 € imposables
- Au réel : ses charges se déduisent40 000 − 6 000 = 34 000 € imposables
Base imposable au micro
26 400 €
Base imposable au réel
34 000 €
Le micro gagne tant que les charges réelles restent sous l'abattement forfaitaire : il faudrait ici dépasser 13 600 € de charges pour que le réel devienne intéressant. Le micro reste ouvert jusqu'à 77 700 € de recettes, seuil porté à 83 600 € pour les revenus 2026.
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Contenu pédagogique et non contractuel : il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une information précontractuelle. Les règles fiscales évoluent à chaque loi de finances.