L’abattement retraite du dirigeant : 500 000 €
Le dirigeant d'une PME qui vend ses titres pour partir à la retraite retranche 500 000 € de sa plus-value imposable. Six conditions à remplir, et un piège : les prélèvements sociaux, eux, ne bougent pas.
Les six conditions, en un tableau
| Condition | Ce qu'il faut |
|---|---|
| La société | Une PME : moins de 250 salariés, et moins de 50 M€ de chiffre d'affaires ou moins de 43 M€ de bilan |
| Son activité | Opérationnelle et soumise à l'IS, sans interruption depuis 5 ans. La simple gestion de patrimoine est exclue |
| Tes fonctions | Une fonction de direction exercée sans interruption pendant les 5 ans précédant la vente |
| Ta participation | Au moins 25 % des droits de vote ou des droits aux bénéfices, également pendant ces 5 ans |
| Ton départ | Cesser toute fonction et faire valoir tes droits à la retraite, dans les 2 ans avant ou après la cession |
| Les titres | Détenus depuis au moins 1 an, et cédés en totalité |
Un abattement en euros, pas en pourcentage
- La plupart des abattements retranchent un pourcentage. Celui-ci retranche une somme fixe : 500 000 € de la plus-value réalisée en cédant les titres de ta société.
- Il vise une situation précise : le dirigeant de PMEEntreprise de moins de 250 salariés réalisant soit moins de 50 M€ de chiffre d'affaires, soit moins de 43 M€ de total de bilan. Cette définition européenne ouvre plusieurs avantages, dont l'abattement du dirigeant partant à la retraite. qui vend son entreprise au moment de prendre sa retraite.
Les conditions côté société
- La société doit être une PME au sens européen : moins de 250 salariés, et soit moins de 50 M€ de chiffre d'affaires, soit moins de 43 M€ de total de bilan.
- Elle doit avoir exercé une activité réelle — commerciale, industrielle, artisanale, agricole, financière ou libérale — de manière continue pendant les cinq années précédant la cession. Une société qui se contente de gérer son propre patrimoine est exclue.
- Son siège doit se situer dans l'Union européenne ou dans un État de l'Espace économique européen lié à la France par une convention d'assistance administrative.
Les conditions côté dirigeant
- Tu dois avoir exercé une fonction de direction dans la société, sans interruption, pendant les cinq années précédant la vente.
- Tu dois avoir détenu au moins 25 % des droits de vote ou des droits dans les bénéfices sociaux, également de façon continue sur ces cinq années.
- Tu dois cesser toute fonction dans l'entreprise et faire valoir tes droits à la retraite dans les deux ans qui précèdent ou qui suivent la cession, et ne détenir aucun droit dans la société qui rachète.
Le piège : les prélèvements sociaux ne bougent pas
- L'abattementLa part que tu peux transmettre ou gagner sans être imposé. Se recharge souvent tous les 15 ans. ne réduit que la part de la plus-value soumise à l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociauxContributions sociales sur les revenus du capital : 17,2 % ou 18,6 % selon le placement depuis 2026. restent calculés sur le gain net réalisé, avant abattement.
- Conséquence : les 500 000 € d'abattement ne font pas économiser 31,4 % de 500 000 €, mais seulement la part d'impôt sur le revenu, soit 12,8 %. L'économie réelle plafonne à 64 000 €.
Ce que la loi de finances pour 2026 a changé
- L'article 150-0 D ter du Code général des impôts a été réécrit par la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 11), pour les cessions réalisées à compter du lendemain de sa publication.
- Le B du III de l'article 11 de cette loi précise que ces dispositions « s'appliquent aux cessions réalisées à compter du lendemain de la publication de la loi précitée ».
- Son montant est porté à 600 000 € lorsque la cession bénéficie à un jeune agriculteur percevant des aides à l'installation.
- L'abattement se déclare sur le formulaire 2074-DIR, en complément de la déclaration de revenus.
- Une réserve, si tu vérifies par toi-même : la documentation d'impots.gouv.fr mentionne encore une échéance au 31 décembre 2031, héritée d'une disposition non codifiée de la loi de finances pour 2018. La réécriture de 2026 ne la reprend pas. Sur ce point précis, contrôle l'état du texte au moment où tu cèdes.
Ce qui fait tomber l'avantage
- L'abattement fixe ne se cumule pas avec les abattements proportionnels pour durée de détention, de droit commun ou renforcés : il faut choisir l'un ou l'autre.
- La cession doit porter sur l'intégralité des titres détenus par le cédant. Une vente partielle ne suffit pas.
- Le cédant ne doit détenir aucun droit dans la société qui acquiert les titres, ce qui écarte les montages où l'on se rachète à soi-même via une structure.
Un exemple concret
Marc cède 800 000 € les titres de sa PME, qu'il avait créée et valorisées 100 000 € à l'origine. Il remplit les six conditions et part à la retraite dans la foulée.
- Plus-value800 000 − 100 000 = 700 000 €
- Abattement du dirigeant− 500 000 €, soit 200 000 € imposables à l'IR
- Impôt sur le revenu (12,8 %)200 000 × 12,8 % = 25 600 €
- Prélèvements sociaux (18,6 %)calculés sur les 700 000 € entiers : 130 200 €
Sans l'abattement, Marc aurait payé 700 000 × 31,4 % = 219 800 €. L'écart de 64 000 € correspond exactement à 12,8 % de 500 000 € : la part d'impôt sur le revenu, et rien d'autre. C'est la nuance que l'on oublie le plus souvent en estimant le gain.
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Contenu pédagogique et non contractuel : il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une information précontractuelle. Les règles fiscales évoluent à chaque loi de finances.