Le compte courant d'associé
5 min de lecture8 min de lectureNouveau 2026
Prêter de l'argent à sa société, et se le faire rembourser sans impôt. À condition de ne jamais passer dans le rouge.
L'idée clé
C'est la façon la plus simple de sortir de l'argent de sa société sans impôt : ce n'est pas un revenu, c'est le remboursement d'un prêt que tu lui as fait.
Remboursement du capital prêté
sans impôt
Intérêts versés
31,4 %
Compte à découvert
interdit
Un prêt, pas un apport
- Quand tu laisses de l'argent à ta société sans augmenter le capital, tu deviens son créancier. La somme figure au passif de son bilan, pas dans ses capitaux propres.
- Aucune formalité : ni assemblée, ni modification des statuts, ni changement dans la répartition des parts. C'est ce qui en fait l'outil le plus souple.
- Il peut aussi se remplir sans versement, en laissant sur place une rémunération ou des dividendesLa part du bénéfice qu'une société verse à ses associés après avoir payé l'IS. Chez le particulier, ils sont soumis à la flat tax de 31,4 %. que tu ne prends pas.
Le remboursement n'est pas imposé
- Récupérer les sommes que tu as prêtées n'est pas un revenu : c'est le remboursement d'une créance. Rien à déclarer.
- En principe, tu peux demander ce remboursement à tout moment, et la société ne peut pas le refuser, même en difficulté. Elle peut seulement solliciter du juge des délais de paiement.
- Sauf si une convention le bloque : un compte courant peut être rendu indisponible pour un temps, souvent à la demande d'une banque.
Les intérêts, eux, sont imposés
- Ta société peut te verser des intérêts sur les sommes prêtées, et les déduire de son résultat.
- Chez toi, ces intérêts sont des revenus de capitaux mobiliers, taxés à 31,4 % comme les dividendes. Mais sans l'abattementLa part que tu peux transmettre ou gagner sans être imposé. Se recharge souvent tous les 15 ans. de 40 %, qui ne vaut que pour les dividendes.
- La société prélève 12,8 % à la source lors du versement. Ce n'est pas l'impôt définitif, seulement une avance.
Deux conditions pour que la société déduise
- Le capital social doit être entièrement libéré. Tant qu'il ne l'est pas, aucun intérêt n'est déductible.
- Le taux ne doit pas dépasser un plafond, publié chaque trimestre au Journal officiel et calculé sur les taux moyens des prêts bancaires aux entreprises.
- Au-delà, l'excédent d'intérêts n'est pas déductible pour la société, tout en restant imposable chez toi.
⚠️ Ne jamais passer dans le rouge
- Dans une SARLSociété à responsabilité limitée : forme encadrée par la loi, à l'IS, dont le gérant majoritaire est travailleur non salarié., il est interdit à un gérant comme à un associé personne physique d'être débiteur envers la société. L'interdiction s'étend au conjoint, aux ascendants et aux descendants.
- Dans une SASSociété par actions simplifiée : grande liberté statutaire, à l'IS, dont le président est assimilé salarié (mieux couvert, mais cotisations plus élevées). ou une SA, l'interdiction vise les dirigeants. Une société associée, elle, peut être débitrice : c'est la pratique des groupes.
- Fiscalement, un compte courant débiteur est présumé être un revenu distribué, donc imposable chez toi. La présomption tombe si tu apportes la preuve contraire.
Un effet secondaire utile si tu es non salarié
- Pour un dirigeant travailleur non salarié, les dividendes qui dépassent 10 % d'un montant de référence supportent des cotisations sociales.
- Or les sommes inscrites en compte courant entrent dans ce montant de référence : elles relèvent donc le seuil, et jouent en ta faveur.
- Attention toutefois : les intérêts du compte courant, eux, comptent parmi les sommes testées contre ce seuil.
Le plafond de déduction, et sa mécanique
- Le 3° du 1 de l'article 39 du Code général des impôts limite la déduction au taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit pour les prêts à taux variable aux entreprises d'une durée initiale supérieure à deux ans.
- Ce taux est publié chaque trimestre. Pour un exercice de douze mois, on retient la moyenne des quatre trimestres, ce qui donne un plafond différent selon la date de clôture.
- Le site ne publie pas la valeur du trimestre : elle change tous les trois mois et serait périmée avant d'être lue. Elle se trouve au Journal officiel et dans la doctrine administrative.
- Chaque compte courant s'apprécie séparément, sans compensation possible entre plusieurs associés.
Le seuil des 10 %, et son déménagement
- La règle soumettant aux cotisations les dividendes du dirigeant non salarié au-delà de 10 % ne figure plus à l'article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale, qui se contente désormais de renvoyer ailleurs.
- Elle est au 2° du II de l'article L. 136-3 du même code, depuis les périodes courant à compter du 1er janvier 2025. Beaucoup de contenus citent encore l'ancien article.
- Ce texte inclut expressément dans le montant de référence « les sommes inscrites dans leurs comptes courants d'associés », et vise parmi les revenus testés ceux du 4° de l'article 124 du Code général des impôts, c'est-à-dire les intérêts de ces mêmes comptes.
- La méthode de calcul du solde à retenir, moyenne annuelle plutôt que solde de clôture, repose sur une doctrine ancienne que le site ne reprend donc pas comme une règle certaine.
Un exemple concret
Tu as prêté 40 000 € à ta société, qui te verse 4 % d'intérêts, soit 1 600 € dans l'année.
- Ce que la société déduit1 600 €, si le taux reste sous le plafond
- Prélèvement opéré à la source1 600 € × 12,8 %
- Imposition définitive chez toi1 600 € × 31,4 %
- Le jour où tu récupères ton prêt40 000 €, sans aucun impôt
Impôt sur les intérêts
502 €
Impôt sur le remboursement
0 €
C'est tout l'intérêt du dispositif : le capital prêté ressort intact, seul son loyer est taxé. Encore faut-il que la société ait la trésorerie pour rembourser, et que le taux d'intérêt reste sous le plafond déductible, sans quoi l'excédent est taxé chez toi sans être déduit chez elle.
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Contenu pédagogique et non contractuel : il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une information précontractuelle. Les règles fiscales évoluent à chaque loi de finances.