S'installer en France : les impôts du nouveau résident
Devenir résident fiscal français change la donne : tu es imposé sur tes revenus du monde entier. Voici ce qui t'attend l'année de ton arrivée, et un vrai avantage méconnu, le régime des impatriés.
Le raisonnement, étape par étape
- La France est-elle devenue le centre de ta vie (foyer, travail) ?OuiTu es résident fiscal : tu déclares tes revenus mondiaux.NonTu restes non-résident : seuls tes revenus français sont imposés ici.
- Viens-tu travailler en France après avoir vécu au moins 5 ans à l'étranger ?OuiLe régime des impatriés peut exonérer une partie de tes revenus.NonTu es imposé comme un résident classique.
- As-tu des comptes ou des revenus à l'étranger ?OuiTu dois les déclarer (amende de 1 500 € par compte oublié).NonRien à signaler de ce côté.
Vivre en France, c'est être résident fiscal
- Tu deviens résident fiscal français dès que la France est le centre de ta vie : ton foyer ou ton lieu de séjour principal, ton activité professionnelle, ou le centre de tes intérêts économiques (art. 4 B du CGI). Ta nationalité n'y change rien.
- Si ton pays d'origine te considère aussi comme résident, la convention fiscale entre les deux pays départage. Elle ne retient qu'un seul pays de résidence.
Tu es imposé sur tes revenus mondiaux
- Contrairement au non-résidentPersonne dont le domicile fiscal est hors de France : seuls ses revenus de source française y sont imposés, selon des règles propres (taux minimum, retenue à la source). (imposé sur ses seuls revenus français), le résident déclare en France l'ensemble de ses revenus, quelle que soit leur origine dans le monde (art. 4 A).
- Pour éviter de payer deux fois sur un même revenu étranger, la convention fiscale intervient : soit elle l'exonère en France, soit elle accorde un crédit d'impôtUn avantage fiscal qui te rembourse le surplus même si ton impôt est nul — contrairement à la réduction d'impôt, qui est perdue si tu n'as rien à payer. égal à l'impôt étranger.
L'année de ton arrivée
- L'année où tu t'installes, tu es imposé comme résident sur tous tes revenus perçus entre ta date d'arrivée et le 31 décembre.
- Si tu avais déjà des revenus de source française avant d'arriver, cette part antérieure est imposée selon les règles des non-résidents. Ta première déclaration se fait l'année suivante.
Le régime des impatriés : un vrai coup de pouce
- Si tu viens travailler dans une entreprise établie en France après avoir été domicilié hors de France les 5 années civiles précédentes, une partie de ta rémunération échappe à l'impôt : la prime d'impatriation (pour son montant réel, ou forfaitairement 30 % de ta rémunération) et la part liée à ton activité exercée à l'étranger.
- Bonus : 50 % de tes revenus « passifs » de source étrangère (dividendesLa part du bénéfice qu'une société verse à ses associés après avoir payé l'IS. Chez le particulier, ils sont soumis à la flat tax de 31,4 %., intérêts, plus-values mobilières) sont aussi exonérés. L'avantage court jusqu'au 31 décembre de la 8e année suivant ta prise de fonctions (art. 155 B).
Déclarer tes comptes et revenus étrangers
- Tu dois déclarer chaque compte détenu à l'étranger (compte bancaire, assurance-vieEnveloppe à la fiscalité douce : abattement sur les gains après 8 ans, et 152 500 € par bénéficiaire au décès., compte de cryptomonnaies) via le formulaire n° 3916, en même temps que ta déclaration de revenus. Oublier un compte coûte 1 500 € d'amende par compte.
- Tes revenus de source étrangère (loyers, dividendes, pensions…) se déclarent sur le formulaire n° 2047, qui les reporte ensuite sur ta déclaration principale.
En pratique
- La première année, si tu n'avais jamais eu de dossier fiscal en France, tu déposes une déclaration papier (formulaire n° 2042) auprès du service des impôts de ton nouveau domicile ; les années suivantes, tout se fait en ligne.
- Pense à créer ton espace particulier sur impots.gouv.fr dès réception de ton numéro fiscal : c'est la porte d'entrée pour déclarer et suivre ton dossier.
Le régime des impatriés, dans le texte
- L'article 155 B du Code général des impôts exonère la prime d'impatriation, c'est-à-dire le supplément de rémunération lié à l'installation en France.
- À défaut de prime identifiée dans le contrat, une évaluation forfaitaire de 30 % de la rémunération est admise. Une partie de la rémunération correspondant à l'activité exercée à l'étranger peut s'y ajouter.
- Le régime est ouvert à qui n'a pas été résident fiscal français au cours des cinq années civiles précédentes, et court jusqu'à la huitième année suivant la prise de fonctions.
L'obligation de déclarer les comptes étrangers
- Tout compte bancaire, contrat d'assurance-vie ou compte d'actifs numériques ouvert, détenu ou clos à l'étranger doit être déclaré chaque année, en même temps que les revenus.
- L'amende est de 1 500 € par compte non déclaré et par année, et l'omission ouvre un délai de reprise allongé pour l'administration.
- L'obligation vise le compte lui-même, qu'il produise ou non des revenus, et qu'il soit ou non alimenté.
Un exemple concret
Sofia, cadre recrutée depuis Londres, prend un poste à Paris en 2025. Elle n'était pas résidente fiscale française les cinq années précédentes : elle relève du régime des impatriés.
- Rémunération en France90 000 €, dont 15 000 € de prime d'impatriation
- Prime d'impatriation exonérée− 15 000 €
- Salaire réellement imposé75 000 €
- Durée de l'avantagejusqu'au 31 décembre 2033 (8e année)
Elle pourrait aussi choisir d'évaluer sa prime forfaitairement à 30 % de sa rémunération (soit 27 000 €), si c'est plus avantageux. Et 50 % de ses dividendes ou intérêts de source étrangère sont exonérés pendant la même période.
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Contenu pédagogique et non contractuel : il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une information précontractuelle. Les règles fiscales évoluent à chaque loi de finances.